29/09/2009

Réflexions après le déluge lacté = Reflexiones tras el diluvio lácteo 2/2

“Des millions de litres de lait ont été jetés à la poubelle”. “Un océan de lait qui ne sera jamais bu”.

Ces deux phrases ou leurs équivalents surgissent ces jours-ci spontanément aussi bien dans les conversations et dans les journaux parlés et télévisés que dans les textes écrits du monde entier.

L’action, soutenue par les associations laitières les plus revendicatives de toute l’Europe, a été menée sans que soit pris en considération l’énorme impact symbolique que cette destruction pouvait provoquer, aussi bien dans l’imaginaire collectif européen que dans le sentiment humanitaire mondial, parfaitement informé de la mortalité infantile produite par la faim à un rythme hallucinant et à échelle universelle, autant dans le tiers-monde des pays pauvres et en retard de développement que dans le quart-monde des pays riches et privilégiés.

Malheureusement, le phénomène s’est répandu dans toute l’Europe, probablement parce qu’il a été initié par la France et la Belgique, c’est-à-dire deux des pays fondateurs des Communautés européennes, qui évoluèrent pour devenir l’actuelle Union européenne composée de vingt-sept états souverains.

Dans la Manche française, quatre-vingts producteurs ont répandu septante mille litres de lait dans un champ non cultivé le premier jour de grève. A Ciney, en Belgique, proportionnellement beaucoup plus de producteurs laitiers qu’en France, excités par leurs associations qui souhaitaient attirer l’attention en battant le record du voisin français, ont jeté en un seul jour, et en pure perte, trois millions de litres de lait, c’est-à-dire la quantité d’une journée de production laitière de toute la Wallonie, la région actuellement la plus pauvre du pays.

Malheureusement, ce triste spectacle a été monté sur des bases sociogénétiques fausses, ce qui peut donner lieu à d’autres manifestations analogues qui peuvent affecter gravement le contrat social qui unit symboliquement et juridiquement une des plus grandes communautés de citoyens du monde entier : notre Union européenne.

« En réalité, les producteurs laitiers n’ont pas été victimes d’un marché soi-disant dérégulé, mais d’une chute brutale de la demande à la suite de la crise économique. On n’a jamais vu une telle baisse de la consommation, notamment sur des produits à forte valeur ajoutée (fromages, yaourts, etc.) alors que le marché croissait régulièrement jusque-là de 1 à 2 % par an. »

Je vous invite à analyser avec moi l’explication authentique des faits telle que la présente dans son blog « Coulisses de Bruxelles » Jean Quatremer, prix Louise Weiss de journalisme européen et prix Konstantinos Kalligas, attribué par la presse grecque pour distinguer sa thématique européenne et son « éthique journalistique ». Jean Quatremer est aussi président, depuis septembre 2008, de la section française de l’Association des Journalistes européens (AJE).

-oOo-oOo-oOo-

La crise du lait est terminée
par Jean Quatremer, 25/09/2009.
Coulisses de Bruxelles, UE (1)

Les producteurs de lait ont suspendu hier la "grève du lait" qu'ils avaient lancé il y a quinze jours. Curieusement, le mouvement s'est durci au moment où les indicateurs repassaient au vert. Pour la Commission européenne, rien de surprenant, la remontée des prix agricoles ne se répercutant qu'avec retard sur les producteurs. Jean-Luc Demarty, le directeur général de l'agriculture et du développement à la Commission européenne, analyse pour nous ce conflit dont les causes ne sont pas à rechercher du côté d'une soi-disant "dérégulation", mais bien dans l'effondrement de la demande à la suite de la crise économique. Demarty occupe son poste depuis janvier 2006. Avant cela, il a été directeur du FEOGA (l'organisme qui gère le budget agricole), membre de plusieurs cabinets et conseiller durant dix ans de Jacques Delors.

La grève du lait vient d’être suspendue. Etes-vous surpris ?

Non, car un début d'amélioration se fait sentir. Plusieurs indicateurs montrent un retour graduel à la normale. Les prix repartent à la hausse, actuellement à 25 cents le litre contre 22 au plus fort de la crise, et la dernière adjudication publique que nous avons organisée pour retirer du marché la production excédentaire n’a rencontré aucun succès. Cela montre que la demande a commencé à reprendre. Nous estimons qu'en principe à 30 cents le litre, les producteurs gagneront à nouveau correctement leur vie.

L’Union européenne a été accusée de ne pas avoir aidé les producteurs laitiers.

C’est faux : nous avons utilisé l’ensemble des instruments de marché à notre disposition. Ainsi, nous avons massivement racheté la production excédentaire : actuellement, il y a 280.000 tonnes de lait en poudre et 80.000 tonnes de beurre dans les stocks communautaires, soit 2 % de la production européenne annuelle. Sans ces interventions publiques, le prix du litre de lait serait tombé bien plus bas. Ensuite, on a dit que la chute des cours était due à une hausse des importations, ce qui est tout aussi faux : le marché européen est protégé par des barrières douanières efficaces. Actuellement nous importons entre 1 et 2 % de produits laitiers, alors que nous exportons 7 à 8 % de notre production. Enfin, les producteurs ont omis de rappeler qu’ils touchaient des aides directes du budget communautaire pour un montant de 5 milliards d’euros par an dont 875 millions pour les seuls producteurs français, et ce, quelle que soit leur production. Ce qui représente environ un revenu de 3 à 4 cents supplémentaire par litre de lait.

Les producteurs affirment que c'est la fin programmée du système des quotas de production prévue pour 2015 qui est responsable de la crise.

Là encore, c’est inexact : nous sommes toujours dans le système des quotas et ce, jusqu’en 2015. Il faut aussi savoir qu’en 2008 et 2009, la production européenne a été inférieure à 4 % des quotas autorisés. En réalité, les producteurs laitiers n’ont pas été victimes d’un marché soi-disant dérégulé, mais d’une chute brutale de la demande à la suite de la crise économique. On n’a jamais vu une telle baisse de la consommation, notamment sur des produits à forte valeur ajoutée (fromages, yaourts, etc.) alors que le marché croissait régulièrement jusque-là de 1 à 2 % par an.

Les producteurs estiment que la disparition des quotas est une catastrophe annoncée.

Lorsque l’Union a mis en place les quotas en 1984, les producteurs ont été les premiers à hurler… À l'époque, il s’agissait de mettre fin à une surproduction chronique : il y avait un million de tonnes de beurre et autant de poudre de lait dans les stocks communautaires. Pourquoi ? Parce que le système de soutien au prix que nous avions mis en place en 1968 (stockage public à un prix garanti, aide à l’exportation, protection aux frontières) poussait les agriculteurs à produire sans se préoccuper du marché : c’était le contribuable qui payait les excédents. On a donc décidé de limiter la production en accordant des quotas fondés sur des références historiques de production. Ce système a bien fonctionné, car il a limité la production, mais il n’a pas protégé les producteurs, le nombre d’exploitations ayant baissé de 80 % dans la plupart des anciens Etats membres. Surtout, il a introduit des rigidités incroyables. Ce système ne nous a pas permis de répondre à l'explosion de la demande mondiale en 2006 et 2007, ce qui a aggravé la flambée des prix. C’est pour cela qu’il faut permettre davantage de souplesse, sans pour autant renoncer aux instruments de régulation du marché que sont l’intervention publique ou les droits de douane. Il faut aussi réfléchir à d’autres instruments, comme les contrats entre les producteurs et les transformateurs ou encore que l’on créé des filets de sécurité modernes, qui permettraient aux producteurs de faire face à la volatilité des marchés. Mais, de toute façon, les quotas sont condamnés : il n’existe pas une majorité qualifiée d’Etats membres prêts à prolonger ce système.

-oOo-oOo-oOo-

Versión española de estos dos artículos: Reflexiones tras el diluvio lácteo = Réflexions après le déluge lacté

(1) Source: La crise du lait est terminée

Archivado en Europa, Las Américas, España, Sociogenética, Ética, Migraciones, Pro justitia et libertate, Francia, Geopolítica, África, Asia, Oceanía, Alimentación

23/09/2009

Deontología de los euro-lecheros / Déontologie des euro-laitiers

Se vierten millones de litros de leche en los campos de la UE mientras que, en el mundo, un niño muere de hambre cada 5 segundos.

Podemos comprender el desamparo de los agricultores y apoyar sus justas pretensiones, pero no podemos aceptar la locura de sus asociaciones que dieron una consigna incompatible con la deontología del productor de un bien de primera necesidad para todos los niños del mundo.

-oOo-oOo-oOo-

Des millions de litres de lait sont déversés dans les champs de l'UE alors que, dans le monde, un enfant meurt de faim toutes les 5 secondes.

Nous pouvons comprendre la détresse des agriculteurs et soutenir leurs justes revendications, mais nous ne pouvons pas accepter la folie de leurs associations qui ont donné une consigne incompatible avec la déontologie du producteur d'un bien de première nécessité pour tous les enfants du monde.

AFP PHOTO / MARCEL MOCHET: Grande dimension

A Ardevon, près du Mont-Saint-Michel, plus de 250 producteurs de lait ont procédé vendredi 18 septembre à l'épandage de 2 à 3 millions de litres de lait pour protester contre la chute des cours et la fin programmée des quotas laitiers.

Archivado en Europa, Las Américas, España, Sociogenética, Pro amicitia universale, Ética, Migraciones, Pro justitia et libertate, Ciencias biomédicas, Francia, Geopolítica, África

01/08/2009

Macabro y sacrílego 50 aniversario de ETA

Macabro y sacrílego 50 aniversario de ETA

Tanto las familias, los colegas y amigos de Diego Salva Lezaun y Carlos Sáenz de Tejada García, las dos últimas víctimas mortales de ETA, como Mallorca, el conjunto de las Islas Baleares y el resto de España deben saber que sus conciudadanos europeos, como todas las personas que a través del Mundo respetan y defienden los derechos humanos, comparten con nosotros su luto por la tremenda injusticia sacrílega cometida contra todos ellos por ETA, matando a dos defensores de estos derechos humanos, entre los cuales el de la vida es el más sagrado y fundamental.

El otro sacrilegio de ETA

ETA profana, desde su nacimiento hasta hoy, la memoria de San Ignacio de Loyola, el vasco más universalista de la historia universal, eligiendo la festividad del santo como aniversario de su fundación xenófoba. También ha profanado recientemente el santuario de Loyola, eligiéndolo como lugar de sus falsas promesas de paz y asesinando poco después en sus inmediaciones a un industrial nacionalista vasco de buena fe, cuyo trabajo consistía en conectar el País Vasco español con el resto de Europa, superando la barrera de los Pirineos.

La falsedad de ETA en sus conversaciones de Loyola hace eco una vez más a sus mentiras fundacionales de inspiración xenófoba, en vivo contraste con la universalidad ignaciana. La verdad histórica y la eficacia educativa de la robusta universalidad ignaciana han cumplido ya ampliamente los cuatro siglos y medio a través de todo el mundo.

Sería injusto olvidar que desde el momento de su fundación la Compañía de Jesús envía sus compañeros jesuitas tanto a Oriente como a Occidente, al Norte como al Sur del Planeta, para proclamar la Buena Nueva de la Fraternidad Universal. Entre ellos figura el brillante universiario navarro Francisco Javier, figura emblemática del misionero precisamente por su visión universalista de la misión de la Compañía, que compartía plenamente con San Ignacio de Loyola. La principal obra ignaciana, la Compañía de Jesús, celebrará este año su 469 aniversario: su creación fue acceptada por el papa Pablo III el 27 de septiembre de 1540, mediante la bula Regimini militantis ecclesiae.

Los crímenes de ETA en la prensa internacional

Bombing Kills 2 Police Officers on Majorca on Thursday: ETA, which is considered a terrorist group by the State Department and the European Union, marks its 50th anniversary on Friday. The bomb exploded about 2 p.m., just as the officers were getting into a car outside a police building in the coastal town of Palma Nova, about nine miles from the main city of Palma. The victims, Diego Salva Lezaun, 27, and Carlos Saénz de Tejada García, 28, were members of the civil guard, a rural police force.

Key Moments in ETA's Violent Campaign

By THE ASSOCIATED PRESS
Published: July 30, 2009
Filed at 10:21 a.m. ET

Key events in the history of the armed Basque group ETA:

July 31, 1959 -- Founded by dissident student members of the Basque Nationalist Party.

June 7, 1968 -- First killing: Civil Guard Jose Pardines Arcay is shot at a checkpoint.

Dec. 20, 1973 -- ETA kills the prime minister, Adm. Luis Carrero Blanco, with a bomb in Madrid.

Sept. 12, 1974 -- First major attack: 12 people killed by bomb at a Madrid cafe.

1980: ETA's bloodiest year with 91 victims, nearly half of them civilians.

June 19, 1987 -- Bloodiest attack: Car bomb in the parking lot of the Hipercor department store in Barcelona kills 21 and wounds 45.

January 1989 -- Unilateral truce to help ultimately unsuccessful peace talks in Algeria.

April 19, 1995 -- Failed car bomb attempt to kill conservative opposition leader and future Prime Minister Jose Maria Aznar.

July 1997 -- ETA kidnaps small town politician Miguel Angel Blanco and demands the group's prisoners be brought to Basque jails. His slaying triggered widespread demonstrations in Spain.

September 1998 -- ETA announces an open-ended cease-fire. It ends 14 months later after one round of talks.

March 2003 -- Supreme Court outlaws radical Batasuna party linked to ETA.

March 11, 2004 -- Madrid train bombings killing 191 people in an attack initially blamed on ETA but later attributed to Islamic radicals.

2004 -- Police arrest more than 130 suspected ETA members, including alleged leader Mikel Antza, who is detained in France.

March 22, 2006 -- ETA announces permanent cease-fire.

June 28, 2006 -- Prime Minister Jose Luis Rodriguez Zapatero formally announces start of peace talks.

Dec. 30, 2006 -- ETA breaks truce with a car bomb at Madrid's Barajas airport, killing two people.

May 14, 2008 -- ETA kills Civil Guard officer in a car bombing outside a barracks in Basque town of Legutiano.

2009 -- More than a dozen suspected ETA members arrested in France and Spain, including three alleged senior members.

June 19, 2009 -- ETA kills police officer who investigated the organization.

July 29, 2009 -- ETA blamed for car bombing at Civil Guard barracks in northern city of Burgos, injuring at least 46 people.

July 30, 2009 -- ETA blamed for explosion on resort island of Mallorca that kills two police officers.

-oOo-

Archivado en Europa, Las Américas, Amistad Europea Universitaria, España, Sociogenética, Ética, Religiones, Pro justitia et libertate, Francia, Geopolítica, África, Asia, Oceanía