13/02/2014

L'espagnol, notre grande maison commune (réédition)

Je reproduis ici mon article du 09.08.2007 parce qu'il continue à être d'une actualité extrême malgré son âge.

Je le fais aussi pour remercier mes compagnons de la "Porte de Brandebourg" pour l'honneur qu'ils me font en me reconnaissant comme un des leurs et pour leur travail précieux et irremplaçable en faveur du Bien Commun de la Solidarité Hispanique et Espagnole, double solidarité garantie par la langue espagnole, aussi bien dans la péninsule ibérique que dans le reste du monde.

L'espagnol, notre grande maison commune

L'espagnol comme langue commune d'Espagne, d'une grande partie de l'Amérique et d'autres pays, y est officielle parce qu'elle est leur koiné; ce qui signifie qu'elle leur est commune dans le sens qu'elle permet à tous leurs locuteurs de se comprendre sans besoin de traduction ni d'interprétation.

Cet avantage communicationnel est comparable à celui qu'offrent à tous ceux qui y vivent, comme protection contre les intempéries, le toit, les fondations et les murs communs d'une grande maison communautaire. Dans les deux cas, l'avantage commun existe sans préjudice des avantages différentiels dont le locuteur ou l'habitant peuvent continuer à jouir dans leur vie plus privée. Dans les deux cas, ils continueront à se servir pour la vie communautaire de cet avantage en commun qu'ils considèrent aussi comme personnel.

Il faut savoir que nous, les linguistes, nous considérons comme koiné la "Langue commune qui résulte de l'unification de certaines variétés idiomatiques" DRAE. L'espagnol, né comme langue métisse du castillan, non pas en solitaire, mais en relation sociogénétique avec beaucoup d'autres langues, a été cherché et accepté dans toute l'Espagne et dans toute l'hispanophonie comme langue métisse de vie en commun; son utilité n'a pas été imposée, elle a été engendrée après avoir été recherchée. De part et d'autre de l'Atlantique et de la Méditerranée, dans les siècles passés comme aujourd'hui, les gens recherchaient et recherchent l'espagnol comme véhicule de culture, d'union, d'ascension sociale.

La guerre des langues est une invention récente de petits groupes extrémistes, qui ont placé les langues minoritaires au service de leurs ambitions politiques, en les transformant en armes de jet nationalistes. Chaque groupe la sienne, comme à Babel, lieu diabolique qui met en scène la ruine du Bien Commun par la perte du sens commun et de la langue communautaire qui le rendaient possible. Ce qui caractérise ces nationalistes, ennemis acharnés du Bien Commun, c'est qu'ils le soient de nations qui n'ont jamais existé comme telles. Avant cette invention, il n'y avait pas de guerre des langues : la langue commune et les langues minoritaires vivaient ensemble, en accomplissant chacune sa mission propre. Et c'est ainsi, en réalité, que la majorité des locuteurs continuent à les pratiquer : la langue commune pour le Bien Commun de la grande communauté de concitoyens, sans exclure personne, et la langue minoritaire pour les relations familiales et cordiales propres à chaque groupe.

La recherche du monolinguisme, portée par les nationalistes, a été démasquée et condamnée de manière très juste par le distingué linguiste basque Miguel de Unamuno, dans un texte des années trente du siècle passé, texte que les nationalistes basques, catalans et galiciens occultent jalousement, par crainte de voir dévaloriser leur effort pour déconnecter leur peuple du monde et pour le maintenir dans sa dépendance exclusive totalitaire.

Rendre obligatoire la connaissance d'une langue minoritaire, alors qu'il existe déjà une langue commune, c'est œuvrer contre la justice, en imposant par caprice totalitaire une obligation en dehors de toute nécessité. Dans les territoires où la totalité des personnes parlent la langue commune et où personne, excepté les extrémistes, ne veut éliminer les autres langues, à quoi mène ce conflit entre les langues minoritaires et la langue commune ? "Les langues communes ont été inventées pour unir, pour se comprendre à l'intérieur et à l'extérieur" (R. Adrados). Ce qui pourrait arriver de pire aux défenseurs du monolinguisme des langues minoritaires, ce serait de gagner ces guerres isolationnistes, parce que leurs locuteurs se trouveraient réduits dans leur capacité de communication à de minuscules territoires isolés.

La recherche d'une koiné n'est pas seulement l'affaire des peuples hispaniques, mais il s'agit d'un phénomène panchronique général. Les grandes cultures, aussi bien européennes que non européennes, parmi lesquelles on peut rappeler à titre d'exemples aussi bien la celte, la latine et la grecque que la sanscrite, l'arabe et la chinoise, ont répandu de grandes langues communes, pour que leurs locuteurs se comprennent autant dans le milieu culturel que religieux, administratif et économique, sans exclure le milieu personnel et familial mais au contraire en le favorisant.

Dans les grandes nations il y a une seule langue commune, dont la caractéristique principale n'est pas l'origine plus ou moins prestigieuse, mais bien le fait d'être recherchée par tous comme langue commune. C'est ce qui s'est passé pour le latin dans l'Empire romain, pour l'espagnol dans les pays hispaniques et pour l'anglais dans le Commonwealth, etc. Ces langues comme toutes les langues communes ou koinés sont "un phénomène socio-politico-culturel qui répond à la nécessité de se comprendre dans un vaste territoire. C'est quelque chose de pré-politique et de post-politique, seulement secondairement politique". (R. Adrados).

"Imposer aux langues communes un châtiment et une persécution est une régression. Un mal pour tous. C'est aller contre l'histoire, la compréhension mutuelle et le progrès". (R. Adrados). C'est comme si les habitants d'une maison communautaire décidaient de supprimer le toit, les fondations et les murs extérieurs communs, pour rester dans leurs appartements respectifs suspendus dans les airs. Cependant, c'est ce qu'on fait aujourd'hui en Espagne avec l'espagnol, deuxième langue commune de niveau international. Les nationalistes anti-hispanistes prétendent exposer aux intempéries cinq cent millions de locuteurs dont la maison commune est la langue espagnole.

Ces idées fondamentales et beaucoup d'autres, nous les avons apprises depuis les années cinquante et soixante, aussi bien en Espagne que dans le reste d'Europe, nous tous qui avions des oreilles pour les entendre, ou des yeux pour les lire, de la bouche et de la plume de notre grand maître de l'hellénisme, du comparatisme, de l'humanisme et de la linguistique générale Francisco Rodríguez Adrados.

Aujourd'hui, du haut de ses lucides quatre-vingt-quatre ans bien accomplis (91 en 2014), Adrados nous le rappelle avec toujours la même clarté, le même courage et la même attention chaleureuse.

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La lengua común de España
por Francisco RODRÍGUEZ ADRADOS,
de las reales academias de la Lengua y de la Historia

Sobre el español como lengua común de España y no sólo de España, también de gran parte de América y de otros países, hablé en el Congreso de Academias de la Lengua Española en Cartagena de Indias, el marzo pasado. Lo repetí en alguna conferencia. ¿Por qué no insistir aquí?

Vean lo que dice el Diccionario de la Academia, en el lema «español», en su uso masculino y substantivo: «lengua común de España y de muchas naciones de América, hablado también como propia en otras partes del mundo».

Si es oficial, como dice la Constitución, es porque es común, no al revés; y si el Estatuto de Cataluña lo admite como oficial porque es oficial en el Estado (se entiende que español), esto es un sofisma. Es lengua común, simplemente, porque es común. Y es propia de todos. Son hechos. No en el sentido de «común» como vulgar o popular (hay el francés, el alemán común), sino en el sentido de que es communis, propio de todos. Una traducción del término griego que usamos los lingüistas: koiné.

Había múltiples lenguas o dialectos griegos y había múltiples lenguas en los territorios que conquistó Alejandro: en Egipto, Persia, India, etc. Pero todos aceptaron una lengua común: el griego evolucionado, descendiente del ático, que llevaron consigo los macedonios. El que valía para entenderse. También lo escribían los búlgaros, los nubios, los romanos. Como luego hablaban en latín (otra lengua común) los sirios y britanos, los iberos y los númidas. Entre otros.

Una lengua común no suprime a las otras, vive junto a ellas para que todos se entiendan. Pero en España campañas interesadas tratan de ocultar los hechos: según ellas (llegaron a la Constitución, contra Dámaso Alonso, que dirigía la Academia Española) el español es castellano, es decir, una lengua regional (lo fue en el origen, ciertamente) invasora de las «lenguas propias». Como mucho, es «oficial», algo que impone el Boletín.

Pues no: el español, nacido del castellano, fue buscado, aceptado en toda España como lengua de convivencia: no impuesto, buscado. En Cataluña y en toda España desde el siglo XIV y aún antes. En América desde el XVI: los frailes beneméritos que predicaban en las lenguas indígenas, fracasaron. Colón, en su segundo viaje, encontró indios que hablaban español. Luego creció, fue imponiéndose.

La rebelión de Tupac Amaru, en el XVIII, hacía su propaganda en español. Los independentistas lo aceptaron. ¿Por qué? Hubo sin duda algunos intentos de imposición, bien publicitados. Pero lo esencial es que la gente buscaba el español, vehículo de cultura, de ascenso social, de unión. Aquí y allí. Que hubiera un reflejo del poder político no se duda, pero era, sobre todo, un hecho cultural y social. Las otras literaturas desaparecieron, prácticamente, desde el XIV y el XV. No se difundían, no interesaban.

Pero no había guerra de lenguas: la común y las minoritarias convivían. Así sigue, en realidad. Pero hay pequeños grupos que han puesto la lengua al servicio de sus ambiciones políticas, la han hecho un arma nacionalista. Nacionalista de naciones que nunca existieron como tales. Hay varios libros sobre el tema de las lenguas de España, la común y las otras. No voy a citarlos. Explican con datos y estadísticas las ofensivas nacionalistas contra el español, su búsqueda del monolingüismo.

Y cómo la Constitución es mil veces vulnerada. La última vez, por el nuevo Estatuto Catalán cuando (art. 6) hace obligatorio el conocimiento del catalán. Fuera de toda necesidad cuando ya existe una lengua común. Pura confrontación, a la que ayuda la antidemocrática Ley Electoral. Veremos qué dice el TC. Un señor Puigcercós añade que hay que apretar los tornillos: que él no tiene miedo a las guerras lingüísticas. Ya los aprietan bastante: prohibiciones, exigencias para ejercer cualquier puesto, multas, inspecciones, prebendas a los fieles, discriminación en la enseñanza. Y el PSC (y aun el PSOE) se catalaniza, piensa que es rentable. Y el PP ha blandeado desde que defenestraron a Vidal Quadras, Piqué ha sido un error. Veremos ahora.

Yo sí tengo miedo a esas guerras. Son guerras de pequeños grupos, que acomplejan o seducen a los demás, guerras en territorios donde no había guerras, guerras que crean problemas y mala sangre. Hay en la Historia mil ejemplos. En territorios donde el 100% de las personas habla español y nadie quiere eliminar las otras lenguas, las minoritarias, ¿a qué ese conflicto? Las lenguas comunes se han inventado para unir, para entenderse dentro y fuera. Y las minoritarias tienden a perder esas guerras. Puigcercós teme que podría haber una Cataluña independiente que hablara castellano. No me extrañaría, ya ven Irlanda: independiente y hablando inglés. Y lo peor que podría pasarles a las lenguas minoritarias es ganar esas guerras. Quedarían reducidas a mínimos territorios aislados.

Esos nacionalistas deberían estudiar un poco de historia lingüística. Disculpen que les recomiende un libro mío, mi Historia de las lenguas de Europa, que voy a sacar tras el verano. Habla de las lenguas comunes: no es cosa sólo de España, sino que es un fenómeno europeo y general. Igual que en España, en las grandes naciones solo hay una sola lengua común. A partir de territorios mínimos se crearon y difundieron las grandes lenguas comunes, buscadas por todos. No solo el castellano, hecho luego español, también el francés y tantas lenguas más.

Así el alemán (el dialecto franconio de Lutero), y el inglés (producto de la fusión de varias lenguas germánicas y una dosis de francés), el italiano (el florentino, no generalizado hasta el siglo XIX), el ruso en su variante de Moscú, del XVIII. Y otras lenguas comunes más. Son un fenómeno socio-político-cultural, responde a la necesidad de entenderse en un amplio territorio. Como en la Antigüedad griega y romana. Es algo prepolítico y postpolítico, solo secundariamente político. Y a nadie se le ha ocurrido enfrentar al alemán con el «okattdeutsch», una lengua diferente, o al italiano con el napolitano y el véneto, ni siquiera con el corso que es también una lengua diferente. Porque el estado natural de las lenguas no es ése de las grandes lenguas comunes, estas son una creación de la historia. Es el de un pulular de lenguas y dialectos. Dicen que en la mitad de Nueva Guinea hay 750. ¿Y qué decir de la América precolombina (donde fueron los misioneros quienes, para difundir su doctrina, extendieron el nahua, el quechua, el guaraní)? ¿Y del África negra?

Las grandes culturas europeas, y otras no europeas como la árabe y la china, expandieron grandes lenguas comunes. Para entenderse en el ámbito personal, en el ámbito cultural, en el administrativo, el económico. No excluían la existencia de otras lenguas, ciertamente. Pero someter a las lenguas comunes a castigo y persecución es regresión. Mal para todos. Es ir contra la historia, el mutuo entendimiento y el progreso.

Hoy el español es la segunda lengua internacional (el hindi y el chino, con más hablantes, no son internacionales). Une no solo a los pueblos de España sino a muchos otros más. Crece. Eso sí, tiene un problema en España, todos lo saben. Creo que ya sería el momento de poner una solución racional a un problema nada racional, un problema en realidad inexistente, fomentado artificialmente. Pero nadie se atreve, ni Gobiernos ni instituciones, temen agravar las cosas.

Pero las cosas, no atendidas, se agravan solas. Se está viendo. Con una lengua común, cierto que obligatoria, es suficiente, para eso se inventaron. Y la lengua común, en Cataluña, en España y en veinte naciones y para mucha gente más, es el español. Hay en América y España, aquí y allá, además, lenguas entrañables. Pero minoritarias: con una obligatoria, que entiendan todos, es suficiente. No hay que forzar las cosas. Sin agravio para nadie. Con respeto para todos.

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16/08/2013

Feliz día de la Asunción de María

 

◊ Jesús y María resucitados prefiguran las perspectivas de vidas presente y futura que nos prometen. ◊

Los cristianos creemos en la encarnación del Hijo de Dios en el seno de María de Nazaret. Jesús, hijo de Dios e hijo de María, es para nosotros el Salvador de los seres humanos que siguen su ejemplo. El ejemplo de Jesús consiste en ocuparse integralmente de la salvación de los seres humanos no solamente como seres espirituales sino también como seres corporales.

La fiesta de la Asunción es un buen momento para recordar que la obra redentora de Jesús tiene como finalidad el hacer posible tanto la felicidad humana en nuestra vida presente, no solamente espiritual sino también corporal, como la resurrección del cuerpo con el alma para la vida futura.

Nuestra creencia en la resurrección de Jesús y en la de su madre María es el fundamento de la fe en nuestra propia resurrección.


Esta foto de Enrique Figaredo Alvargonzález S.J., el Obispo de las sillas de ruedas de Camboya, rodeado por un hombre y una mujer disfrutando de sus sillas de ruedas, tras haber escapado a la muerte sembrada por la guerra, nos ayuda a pensar en las perspectivas de vidas presente y futura que nos prometen y prefiguran Jesús y María resucitados.

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26/03/2013

José-Luis Caravias SJ: “Gracias a Bergoglio estoy con vida"

 

1. Declaraciones de José-Luis Caravias SJ al periodista paraguayo Hugo Ruiz Olaza
2. Algunos jalones de la vida de José-Luis Caravias SJ hasta su expulsión de Argentina
3. Odisea de José-Luis Caravias SJ, contada por él mismo, desde su expulsión de Argentina

“El padre Bergoglio me salvó la vida. Me facilitó escaparme de los militares aquellos"

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1. Declaraciones de José-Luis Caravias SJ al periodista paraguayo Hugo Ruiz Olaza

El papa Francisco, cuando fue provincial jesuita en 1975, salvó la vida del sacerdote español José Caravias, radicado actualmente en Paraguay, y la de otros dos curas, amenazados de muerte en Buenos Aires por el grupo paramilitar "Triple A", reveló el religioso.

"Cuando el provincial, que era Bergoglio, me dijo: 'tengo noticias de que la Triple A decretó tu muerte y de (el húngaro Francisco) Jalics, yo consideré que no valía la pena hacerse el héroe", relató Caravias en una entrevista en su lugar de residencia, la parroquia Cristo Rey de Asunción.

"A mí ya me habían expulsado de Paraguay en 1972. Conocía la ferocidad de la dictadura. En cambio, Jalics se hizo el valiente y se quedó en Buenos Aires, y casi le cuesta la vida. No quiso irse y lo pasó muy mal. Lo torturaron mucho. Bergoglio lo salvó. Se empeñó en averiguar donde estaba. Si no lo reclamaba lo mataban. También salvó al argentino Orlando Yorio", continuó.

Yorio falleció en el año 2000.

"Yo puedo dar testimonio de la advertencia que nos hizo a Jalics y a mí, pero no de Yorio", aclaró Caravias.

"Ambos trabajábamos en las villas miseria de Buenos Aires".

El religioso relató que ellos tuvieron conocimiento de los tormentos a los que fueron sometidos otros curas. "Por eso digo que Bergoglio a mí me salvó la vida, porque a tiempo me pudo avisar", precisó.

"En esos meses anteriores habían matado a varios sacerdotes, uno de ellos, el padre Mauricio Silva. Era un padre barrendero. Era empleado barrendero. Lo mataron torturándolo. La cosa no era broma", dijo.

- ¿Por qué lo mataron?

- "Porque era cura barrendero, porque era un testimonio. Ni supimos donde estaba. Eran capaces de cometer brutalidades sin ninguna explicación.
Estando en la calle Corrientes, un coche se lo llevó. No pudimos encontrar dónde estaba.Yo era muy amigo de él. Compartíamos mucho de noche. Cuando terminábamos nuestro trabajo nos reuníamos en su casa.

A los varios meses lo soltaron en las puertas de un hospital, moribundo, flaco. Y ahí murió. Fue muy torturado", señaló el sacerdote.

Caravias recordó que estando en casa de sus familiares en Málaga (España) recibió la encomienda de trasladarse a Ecuador, adonde el jefe provincial de Roma lo envió para trabajar con indígenas. "En Ecuador estuve 14 años".

En Paraguay, Caravias trabajaba para organizar a los campesinos en cooperativas. "Un día me alzaron en una camioneta de la policía y me arrojaron en Clorinda (Argentina). No olvida la fecha. "Fue el 5 de mayo de 1972", dijo.

"De ahí fue a trabajar con obrajeros de la provincia del Chaco argentino. Formamos un sindicato de hacheros, gente muy explotada, muy maltratada. De allí ya fui corrido con amenazas de muerte y fui a parar a Buenos Aires", precisó.

Dijo que él podía dar testimonio de lo que hizo el entonces padre Bergoglio, al tiempo de calificar de "calumnia terrible" la versión de que supuestamente el ex provincial entregó a sus compañeros.

"Gracias a Bergoglio estoy con vida y hoy estoy aquí hablando con usted", manifestó Caravias con convicción.

El sacerdote jesuita, autor de unos 40 libros y ensayos vinculados al área social, se confesó socialista y atribuyó las "calumnias" contra el Papa al "gran capitalismo internacional".

"Lo quieren ensuciar. Es muy peligroso para ellos que un Papa denuncie la pobreza mundial", enfatizó.

Sostuvo que el "capitalismo" habrá considerado como una afrenta el hecho de que el Pontífice haya adoptado el nombre de Francisco, en honor a San Francisco de Asis, "el rico que prefirió vivir como pobre". (1)

Caravias justifica los periodos de silencio de Bergoglio en los años 70 y estima que “por supuesto que no era momento para ser valiente, porque denunciar era motivo de cárcel y de muerte”, al referirse a la sangrienta dictadura militar argentina de esos años, encabezada por el presidente de facto Jorge Rafael Videla.

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2. Algunos jalones de la vida de José-Luis Caravias SJ hasta su expulsión de Argentina

El misionero y polígrafo jesuita José-Luis Caravias, perseguido por la dictadura argentina tras haberlo sido por la paraguaya, nació en Alcalá la Real (Jaén), Andalucía, a finales de 1935. Creció e hizo sus estudios primarios en Coín (Málaga), tras los cuales cursó sus estudios secundarios en el colegio jesuita San Estanislao de Kostka de El Palo (Málaga).

En 1953, a los 18 años, ingresó en el Noviciado de El Puerto de Santa María, teniendo como maestro de novicios al padre José Gómez, del que dice: "me inyectó lo más importante: un deseo grande de conocer, amar y seguir a Jesucristo. ¡Este poderoso motor me llevaría muy lejos y me haría superar muchos obstáculos!".

Tras los dos años de noviciado (1953-1955), también hizo en el colegio San Luis Gonzaga de El Puerto de Santa María, durante tres años (1955-1957), los estudios superiores en culturas, lenguas y literaturas clásicas y modernas del "juniorado". Entre sus maestros recuerda con especial cariño al padre Salvador Loring, que considera su maestro en escritura: "nos hacían estudiar hasta la saciedad los clásicos griegos y latinos, lo cual dejó en mí un hábito de pensamiento ordenado. Y un excelente profesor de Literatura, el P. Salvador Lóring, me enseñó a escribir, de lo que le quedo eternamente agradecido." Durante estas época se ofreció al padre provincial como voluntario para trabajar en Paraguay.

Entre 1957 y 1961 estudió filosofía en la Facultad filosófica complutense SJ de Alcalá de Henares. Entre sus maestros de Alcalá destaca la importancia que tuvo para él la personalidad del padre José-María Díez Alegría con la orientación social de su curso de ética y su compromiso vivencial con los pobres en El Pozo del Tío Raimundo de Madrid: "en esta época me marcó para siempre la línea social del P. Díez Alegría, mi profesor de Ética."

Su deseo de trabajar en Paraguay como "maestrillo" lo pudo cumplir entre 1961 y 1964: "Mis tres años de magisterio los hice en Asunción del Paraguay, a partir de 1961, en el colegio Cristo Rey."

Volvió a España para estudiar en la Facultad de Teología de Granada durante cuatro años (1964-1968). A partir del segundo curso obtuvo el "privilegio" de poder convivir en un barrio granadino con familias gitanas: "Unas lluvias torrenciales habían hundido en Granada las cuevas de los gitanos. El Gobierno los había instalado en “albergues provisionales”. Varios grupos de estudiantes jesuitas conseguimos permiso para ir a vivir con ellos y como ellos. A mí me tocó “El Chinarral”, una vieja fábrica en ruinas en cuyos patios se habían construido cuartitos de 3 x 2 metros, con paredes de caña y yeso, que no aislaban ni ruidos ni olores. Unos solos baños comunes. Una sola llave de agua."

Gozando ya del fruto de esta experiencia apostólica, fue ordenado sacerdote, tras el tercer curso de teología, el 14 de julio de 1967.

De vuelta en Paraguay, recién terminada la teología en 1968 y su tercera probación, en 1969, trabaja primero como sacerdote-campesino, luego como encargado de la formación campesina dentro de las Ligas Agrarias y por fin como asesor nacional de las Ligas Agrarias Cristianas, nombrado en asamblea, hasta que, según lo cuenta él mismo: "en mayo del 72, un piquete policial me secuestró y violentamente me arrojó en una calle de Clorinda (Argentina), sin ropa, sin dinero y sin documentos." (2)

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3. Odisea de José-Luis Caravias SJ, contada por él mismo, desde su expulsión de Argentina

16. Corrido de Argentina

La vida en el Chaco se iba enrareciendo hasta grados asfixiantes. Hasta el mismo obispo de Saenz Peña, que tanto había apoyado al “Equipo Monte”, acabó poniéndose en contra nuestra.

Las ácidas intrigas de los obrajeros acabaron por agujerear las defensas eclesiales. Documentos “policiales” revoloteaban agriando el aire en contra nuestra.

A los dos jesuitas que trabajábamos en la diócesis nos visitó el Provincial del Paraguay, Bartomeu Vanrrell. Él le exigió al obispo que le diera copia de las denuncias en contra nuestra, pero se negó en rotundo.

Estando el P. Vanrrell en la casa parroquial de La Tigra, donde era párroco mi compañero Vicente Barreto, éste encontró en la sacristía una caja vacía de una ametralladora, parecía que rusa. Inteligentemente la destruyó y enterró.

A la mañana siguiente la Policía Federal se presenta alegando que tenían una denuncia contra el párroco por estar repartiendo armas entre los campesinos… Fueron derechos a la sacristía, y al no encontrar nada, lo rompieron todo…

El P. Vanrrell nos ordenó dejar de inmediato la zona. Pues la próxima vez la misma policía podría dejar un arma metida por ellos mismos…

Me fui a Buenos Aires, al Teologado de San Miguel, donde pasé seis meses estudiando Cristología. Ahí redacté “Cristo nuestra esperanza”, con sed de identidad. Y poco a poco fui metiéndome en los barrios periféricos en los que vivían los paraguayos.

◊ Pero después de no mucha actividad, el P. Provincial de Argentina me pidió salir inmediatamente del país, pues tenía noticias de que la “Triple A” había decretado mi muerte, junto a la de otros dos jesuitas más. ◊

Antes de marcharme de Argentina, quise despedirme de mis muchos amigos del Chaco. Y en Resistencia, después de un día de reuniones, al anochecer, me apresó la policía, junto con la religiosa que me llevaba en su Citroën, María Elena, con la que habíamos puesto en marcha el sindicato de hacheros.

Escuché cómo el comisario pedía informes sobre mí, y cómo por largo rato tecleó el telex. Después me leyó lentamente el largo mensaje recibido. A cada rato levantaba su mirada y me preguntaba:

- ¿Es esto verdad?

- Si ahí está escrito… -era mi constante respuesta.

La verdad es que estaban muy bien informados de mis actividades. Parecía “bien fichado”. Hasta sabían a qué hora y con quiénes había tomado un helado esa misma tarde.

Después me hicieron creer que me iban a hacer “desaparecer”, sacándome a “pasear”, muy bien armados, con fusiles largos, en un coche rojo.

A la vuelta a la comisaría, llevando todos mis enseres personales, me metieron en un calabozo. ¡Qué duro me resonó el ruido seco del cerrojo! No sabía qué iba a ser de mí. ¡Es terrible esa inseguridad!

Era una noche de terrible calor húmedo. A la vuelta del “paseo”, cuando me tumbé aliviado, ¡vivo!, en aquel jergón del calabozo, al apoyar mi cabeza en la almohada, altamente mugrienta, se me pegó a ella la cara y, al levantarla, hilos de mugre entre almohada y cara parecían como que me amarraban al camastro.

Y allá sentí de nuevo a Jesús. ¡Cuántas personas habían apoyado en esa almohada su cara como para poder acumular tanta suciedad! ¡En cada preso había sudado Jesús! Ese Jesús de la seducción y de la cruz… Ese Jesús que me esperaba de nuevo disfrazado con un mugriento disfraz…

Después de fotografiarme en todas las posturas sujetando un número con mis manos, y de tomarme las diez huellas digitales, a media mañana del día siguiente me dejaron libre con la orden expresa de que me fuera inmediatamente del país… Tuve que volver a Buenos Aires. Y tres días más tarde estaba ya volando.

17. Monseñor Proaño me desacompleja

Salía de Argentina dolido, solo, fracasado, acomplejado… Llevaba varios escritos que parecían ser impublicables, entre ellos “Cristo nuestra esperanza” y “Consagrados a Cristo en los pobres”. El Provincial me había comunicado que ningún obispo argentino había querido ni siquiera mirar mis originales.

Alguien de confianza me dijo que el presidente de la Conferencia Episcopal, mons. Tortolo, había dicho que a comunistas como yo había que echarlos de la Iglesia por los medios que fuera.

Pesimista, desanimado, con un terrible complejo de hereje en mi corazón, emprendí mi segundo destierro. Parecía que nadie me quería en la Iglesia. Me sentía derrotado. La crisis vocacional me mordía con rabia de nuevo: ¿Valía la pena tanta lucha a contracorriente?

Pero a pesar de todo, me propuse pasar por diversos países latinoamericanos, buscando en cuál de ellos podría proseguir mi compromiso con el campesinado. Con la venta de mi “Dos Caballos”, cochecito con el que había visitado multitud de obrajes chaqueños, compré un boleto de avión hacia España con escala en casi todas las capitales de Sudamérica. Y así recalé en Ecuador, con una obsesión: visitar a Monseñor Proaño, el apóstol de los indios. Necesitaba vitalmente que un obispo siquiera me comprendiera…

Desde Guayaquil me dirigí derecho a Riobamba. Allá fui en taxi a la casa de los jesuitas, pues sabía que la residencia del obispo estaba lejos. Y mi crisis se agravó. Aquellos “compañeros” hicieron lo imposible por convencerme de que no valía la pena visitar a aquel obispo “comunista”.

Triste, medio a escondidas, pedí a un taxista que me llevara a casa de “taita obispito”. El dueño de aquel “carro” destartalado puso cara de complacencia al conocer el destino. Me habló muy bien de su “taiticu”. El panorama comenzaba a aclararse.

El obispo, embutido en su poncho blanco y gris, con un sombrerito de fieltro de ala estrecha, al estilo de los puruháes, me recibió con una ternura inmensa. Su sonrisa suave me hacía sentir en familia. Me devolvió la paz. Sus ojos me acariciaban. Ahora era en la figura de un obispo donde se me presentaba Jesús, dándome seguridad.

◊ Casi al comienzo de nuestra conversa, al enterarse de dónde venía, me dijo que él tenía un escrito paraguayo sobre pastoral campesina, no sabía de qué autor, que había mandado editar en su diócesis, y quería que todos sus agentes pastorales fueran por un camino semejante.

Ante mi cara de admiración, enseguida se levantó para traérmelo. No tenía yo ni idea de quién pudiera ser el escrito.

Al ponerlo en mis manos me quedé helado. Se trataba de una edición mimeografiada con el nombre de “Experiencias campesinas en el Paraguay”, fechado en 1973, sin nombre de autor. ¡Era un escrito mío! Justo aquél que un obispo paraguayo había afirmado que se trataba de un escrito marxista que jamás un obispo católico podría apoyar… ◊

Lo que un obispo había condenado tan duramente, otro lo ponía como modelo en su diócesis. ¿Cómo quedaba entonces aquello del magisterio episcopal que tanto me habían refregado? ¿Cómo lo que para uno era malo para otro era muy bueno?

Monseñor Leonidas Proaño curó mi complejo de hereje. Encontré un obispo dispuesto a recibirme en su diócesis con inmenso cariño y esperanza.

Gracias, Leonidas Proaño. Desde el cielo me llega hasta hoy tu profunda sonrisa suave. Recuerdo tu frase en tu lecho de muerte, muy flaquito, como indígena hambriento, dicha a otro obispo, gran amigo con el que me identifico: “No tengas miedo a nada, ni al Vaticano siquiera. Tu camino es de Dios…”

18. Desconfianzas radicales

Monseñor Proaño me había reconfortado. Pero a la hora de intentar asentarme en el equipo de jesuitas que trabajaba con indígenas en Guamote, se me dijo educadamente que mi presencia entre ellos le podía traer problemas serios, y que sería mejor que buscara otro sitio.

La siguiente escala fue en Perú. Allá había otro equipo de compañeros comprometidos con los campesinos del norte, en Piura, en un programa educativo: CIPCA. Fui recibido con mucho cariño, pero temían que mi posible presencia con ellos aumentara los problemas que ya tenían con el gobierno: “Estás demasiado fichado…”

Pasé a Bogotá. Tomé contacto con el CINEP, institución jesuita dedicada a la formación campesina. La respuesta fue la misma: Sí, pero no.

La siguiente escala fue en Caracas. En el Gumilla se repitieron los mismos inconvenientes.
Con tristeza crucé el charco. Llegué a España. Y me sentí jesuíticamente huérfano. Fuera de mi familia, no tenía dónde ir. Parecía que nadie se fiaba de mí.

◊ A los quince días de permanencia en España mi madre recibió copia de un telegrama fechado en Buenos Aires, destinado al Provincial de Andalucía, en el que decía textualmente: “Padre Caravias no debe viajar Argentina razones seguridad”. Lo conservo aun. El susto de mi madre fue terrible. ◊
...
Un compañero jesuita, muy amigo mío, me preguntó:

◊ - Pero chiquillo, desahógate de una vez, con toda sinceridad. ¿A cuántas personas has matado? Si ya dos gobiernos te han expulsado, es porque algo muy gordo has cometido… ◊

Aquello me abrió los ojos. Rumores e informes muy negros recorrían mis ambientes. Juré con toda seriedad que jamás había tocado un arma de fuego. Pero parecía que no me creían.

Pasé varios meses sin ningún tipo de vinculación con ninguna comunidad jesuítica. Pero reaccioné en aquel desierto, e insistí por escrito: “Mi profesión religiosa me da derecho a exigir un destino” (20-9-1974). Y el P. General, P. Pedro Arrupe, que con todo cariño había presidido mi profesión en la Iglesia en ruinas de San Ignacio Miní de Argentina, en un gesto maravilloso de confianza, me destinó a Ecuador.
...

19. Cartas dolorosas

En los meses de mi destierro en España recibí diversas cartas, no muchas, que contaban, siempre en lenguaje figurado, las dificultades por las que muchos de mis amigos estaban pasando. Sus problemas no eran “moco de pavo”. Se trataba de torturas y muertes. La “Operación Cóndor” estaba en su apogeo…

◊ Ante mi insistencia en volver de nuevo a la Argentina, el P. Bergoglio me escribía el 15 de julio de 1975: “Respecto a tu posible venida aquí consulté a los doctores entendidos, y todos opinan que no te conviene el clima, ni aun por poco tiempo, pues temen una recaída en la enfermedad que tuviste en Resistencia pocos días antes de partir…” Se refería a aquella noche tenebrosa en un calabozo… ◊ (3)

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(1) Fuente: Hugo Ruiz Olazar/AFP: “El padre Bergoglio me salvó de la Triple A", afirma el jesuita Caravias
El hoy papa Francisco salvó la vida del sacerdote español José Caravias, radicado actualmente en Paraguay, y a otros dos curas, amenazados de muerte en Buenos Aires por el grupo paramilitar. El religioso hizo esta revelación hoy.
viernes, 22 de marzo de 2013

(2) y (3) Fuente: José L. Caravias sj: "Experiencias de Vida" La fuerza del Resucitado en mi vida (en elaboración)

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