13/02/2014

L'espagnol, notre grande maison commune (réédition)

Je reproduis ici mon article du 09.08.2007 parce qu'il continue à être d'une actualité extrême malgré son âge.

Je le fais aussi pour remercier mes compagnons de la "Porte de Brandebourg" pour l'honneur qu'ils me font en me reconnaissant comme un des leurs et pour leur travail précieux et irremplaçable en faveur du Bien Commun de la Solidarité Hispanique et Espagnole, double solidarité garantie par la langue espagnole, aussi bien dans la péninsule ibérique que dans le reste du monde.

L'espagnol, notre grande maison commune

L'espagnol comme langue commune d'Espagne, d'une grande partie de l'Amérique et d'autres pays, y est officielle parce qu'elle est leur koiné; ce qui signifie qu'elle leur est commune dans le sens qu'elle permet à tous leurs locuteurs de se comprendre sans besoin de traduction ni d'interprétation.

Cet avantage communicationnel est comparable à celui qu'offrent à tous ceux qui y vivent, comme protection contre les intempéries, le toit, les fondations et les murs communs d'une grande maison communautaire. Dans les deux cas, l'avantage commun existe sans préjudice des avantages différentiels dont le locuteur ou l'habitant peuvent continuer à jouir dans leur vie plus privée. Dans les deux cas, ils continueront à se servir pour la vie communautaire de cet avantage en commun qu'ils considèrent aussi comme personnel.

Il faut savoir que nous, les linguistes, nous considérons comme koiné la "Langue commune qui résulte de l'unification de certaines variétés idiomatiques" DRAE. L'espagnol, né comme langue métisse du castillan, non pas en solitaire, mais en relation sociogénétique avec beaucoup d'autres langues, a été cherché et accepté dans toute l'Espagne et dans toute l'hispanophonie comme langue métisse de vie en commun; son utilité n'a pas été imposée, elle a été engendrée après avoir été recherchée. De part et d'autre de l'Atlantique et de la Méditerranée, dans les siècles passés comme aujourd'hui, les gens recherchaient et recherchent l'espagnol comme véhicule de culture, d'union, d'ascension sociale.

La guerre des langues est une invention récente de petits groupes extrémistes, qui ont placé les langues minoritaires au service de leurs ambitions politiques, en les transformant en armes de jet nationalistes. Chaque groupe la sienne, comme à Babel, lieu diabolique qui met en scène la ruine du Bien Commun par la perte du sens commun et de la langue communautaire qui le rendaient possible. Ce qui caractérise ces nationalistes, ennemis acharnés du Bien Commun, c'est qu'ils le soient de nations qui n'ont jamais existé comme telles. Avant cette invention, il n'y avait pas de guerre des langues : la langue commune et les langues minoritaires vivaient ensemble, en accomplissant chacune sa mission propre. Et c'est ainsi, en réalité, que la majorité des locuteurs continuent à les pratiquer : la langue commune pour le Bien Commun de la grande communauté de concitoyens, sans exclure personne, et la langue minoritaire pour les relations familiales et cordiales propres à chaque groupe.

La recherche du monolinguisme, portée par les nationalistes, a été démasquée et condamnée de manière très juste par le distingué linguiste basque Miguel de Unamuno, dans un texte des années trente du siècle passé, texte que les nationalistes basques, catalans et galiciens occultent jalousement, par crainte de voir dévaloriser leur effort pour déconnecter leur peuple du monde et pour le maintenir dans sa dépendance exclusive totalitaire.

Rendre obligatoire la connaissance d'une langue minoritaire, alors qu'il existe déjà une langue commune, c'est œuvrer contre la justice, en imposant par caprice totalitaire une obligation en dehors de toute nécessité. Dans les territoires où la totalité des personnes parlent la langue commune et où personne, excepté les extrémistes, ne veut éliminer les autres langues, à quoi mène ce conflit entre les langues minoritaires et la langue commune ? "Les langues communes ont été inventées pour unir, pour se comprendre à l'intérieur et à l'extérieur" (R. Adrados). Ce qui pourrait arriver de pire aux défenseurs du monolinguisme des langues minoritaires, ce serait de gagner ces guerres isolationnistes, parce que leurs locuteurs se trouveraient réduits dans leur capacité de communication à de minuscules territoires isolés.

La recherche d'une koiné n'est pas seulement l'affaire des peuples hispaniques, mais il s'agit d'un phénomène panchronique général. Les grandes cultures, aussi bien européennes que non européennes, parmi lesquelles on peut rappeler à titre d'exemples aussi bien la celte, la latine et la grecque que la sanscrite, l'arabe et la chinoise, ont répandu de grandes langues communes, pour que leurs locuteurs se comprennent autant dans le milieu culturel que religieux, administratif et économique, sans exclure le milieu personnel et familial mais au contraire en le favorisant.

Dans les grandes nations il y a une seule langue commune, dont la caractéristique principale n'est pas l'origine plus ou moins prestigieuse, mais bien le fait d'être recherchée par tous comme langue commune. C'est ce qui s'est passé pour le latin dans l'Empire romain, pour l'espagnol dans les pays hispaniques et pour l'anglais dans le Commonwealth, etc. Ces langues comme toutes les langues communes ou koinés sont "un phénomène socio-politico-culturel qui répond à la nécessité de se comprendre dans un vaste territoire. C'est quelque chose de pré-politique et de post-politique, seulement secondairement politique". (R. Adrados).

"Imposer aux langues communes un châtiment et une persécution est une régression. Un mal pour tous. C'est aller contre l'histoire, la compréhension mutuelle et le progrès". (R. Adrados). C'est comme si les habitants d'une maison communautaire décidaient de supprimer le toit, les fondations et les murs extérieurs communs, pour rester dans leurs appartements respectifs suspendus dans les airs. Cependant, c'est ce qu'on fait aujourd'hui en Espagne avec l'espagnol, deuxième langue commune de niveau international. Les nationalistes anti-hispanistes prétendent exposer aux intempéries cinq cent millions de locuteurs dont la maison commune est la langue espagnole.

Ces idées fondamentales et beaucoup d'autres, nous les avons apprises depuis les années cinquante et soixante, aussi bien en Espagne que dans le reste d'Europe, nous tous qui avions des oreilles pour les entendre, ou des yeux pour les lire, de la bouche et de la plume de notre grand maître de l'hellénisme, du comparatisme, de l'humanisme et de la linguistique générale Francisco Rodríguez Adrados.

Aujourd'hui, du haut de ses lucides quatre-vingt-quatre ans bien accomplis (91 en 2014), Adrados nous le rappelle avec toujours la même clarté, le même courage et la même attention chaleureuse.

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La lengua común de España
por Francisco RODRÍGUEZ ADRADOS,
de las reales academias de la Lengua y de la Historia

Sobre el español como lengua común de España y no sólo de España, también de gran parte de América y de otros países, hablé en el Congreso de Academias de la Lengua Española en Cartagena de Indias, el marzo pasado. Lo repetí en alguna conferencia. ¿Por qué no insistir aquí?

Vean lo que dice el Diccionario de la Academia, en el lema «español», en su uso masculino y substantivo: «lengua común de España y de muchas naciones de América, hablado también como propia en otras partes del mundo».

Si es oficial, como dice la Constitución, es porque es común, no al revés; y si el Estatuto de Cataluña lo admite como oficial porque es oficial en el Estado (se entiende que español), esto es un sofisma. Es lengua común, simplemente, porque es común. Y es propia de todos. Son hechos. No en el sentido de «común» como vulgar o popular (hay el francés, el alemán común), sino en el sentido de que es communis, propio de todos. Una traducción del término griego que usamos los lingüistas: koiné.

Había múltiples lenguas o dialectos griegos y había múltiples lenguas en los territorios que conquistó Alejandro: en Egipto, Persia, India, etc. Pero todos aceptaron una lengua común: el griego evolucionado, descendiente del ático, que llevaron consigo los macedonios. El que valía para entenderse. También lo escribían los búlgaros, los nubios, los romanos. Como luego hablaban en latín (otra lengua común) los sirios y britanos, los iberos y los númidas. Entre otros.

Una lengua común no suprime a las otras, vive junto a ellas para que todos se entiendan. Pero en España campañas interesadas tratan de ocultar los hechos: según ellas (llegaron a la Constitución, contra Dámaso Alonso, que dirigía la Academia Española) el español es castellano, es decir, una lengua regional (lo fue en el origen, ciertamente) invasora de las «lenguas propias». Como mucho, es «oficial», algo que impone el Boletín.

Pues no: el español, nacido del castellano, fue buscado, aceptado en toda España como lengua de convivencia: no impuesto, buscado. En Cataluña y en toda España desde el siglo XIV y aún antes. En América desde el XVI: los frailes beneméritos que predicaban en las lenguas indígenas, fracasaron. Colón, en su segundo viaje, encontró indios que hablaban español. Luego creció, fue imponiéndose.

La rebelión de Tupac Amaru, en el XVIII, hacía su propaganda en español. Los independentistas lo aceptaron. ¿Por qué? Hubo sin duda algunos intentos de imposición, bien publicitados. Pero lo esencial es que la gente buscaba el español, vehículo de cultura, de ascenso social, de unión. Aquí y allí. Que hubiera un reflejo del poder político no se duda, pero era, sobre todo, un hecho cultural y social. Las otras literaturas desaparecieron, prácticamente, desde el XIV y el XV. No se difundían, no interesaban.

Pero no había guerra de lenguas: la común y las minoritarias convivían. Así sigue, en realidad. Pero hay pequeños grupos que han puesto la lengua al servicio de sus ambiciones políticas, la han hecho un arma nacionalista. Nacionalista de naciones que nunca existieron como tales. Hay varios libros sobre el tema de las lenguas de España, la común y las otras. No voy a citarlos. Explican con datos y estadísticas las ofensivas nacionalistas contra el español, su búsqueda del monolingüismo.

Y cómo la Constitución es mil veces vulnerada. La última vez, por el nuevo Estatuto Catalán cuando (art. 6) hace obligatorio el conocimiento del catalán. Fuera de toda necesidad cuando ya existe una lengua común. Pura confrontación, a la que ayuda la antidemocrática Ley Electoral. Veremos qué dice el TC. Un señor Puigcercós añade que hay que apretar los tornillos: que él no tiene miedo a las guerras lingüísticas. Ya los aprietan bastante: prohibiciones, exigencias para ejercer cualquier puesto, multas, inspecciones, prebendas a los fieles, discriminación en la enseñanza. Y el PSC (y aun el PSOE) se catalaniza, piensa que es rentable. Y el PP ha blandeado desde que defenestraron a Vidal Quadras, Piqué ha sido un error. Veremos ahora.

Yo sí tengo miedo a esas guerras. Son guerras de pequeños grupos, que acomplejan o seducen a los demás, guerras en territorios donde no había guerras, guerras que crean problemas y mala sangre. Hay en la Historia mil ejemplos. En territorios donde el 100% de las personas habla español y nadie quiere eliminar las otras lenguas, las minoritarias, ¿a qué ese conflicto? Las lenguas comunes se han inventado para unir, para entenderse dentro y fuera. Y las minoritarias tienden a perder esas guerras. Puigcercós teme que podría haber una Cataluña independiente que hablara castellano. No me extrañaría, ya ven Irlanda: independiente y hablando inglés. Y lo peor que podría pasarles a las lenguas minoritarias es ganar esas guerras. Quedarían reducidas a mínimos territorios aislados.

Esos nacionalistas deberían estudiar un poco de historia lingüística. Disculpen que les recomiende un libro mío, mi Historia de las lenguas de Europa, que voy a sacar tras el verano. Habla de las lenguas comunes: no es cosa sólo de España, sino que es un fenómeno europeo y general. Igual que en España, en las grandes naciones solo hay una sola lengua común. A partir de territorios mínimos se crearon y difundieron las grandes lenguas comunes, buscadas por todos. No solo el castellano, hecho luego español, también el francés y tantas lenguas más.

Así el alemán (el dialecto franconio de Lutero), y el inglés (producto de la fusión de varias lenguas germánicas y una dosis de francés), el italiano (el florentino, no generalizado hasta el siglo XIX), el ruso en su variante de Moscú, del XVIII. Y otras lenguas comunes más. Son un fenómeno socio-político-cultural, responde a la necesidad de entenderse en un amplio territorio. Como en la Antigüedad griega y romana. Es algo prepolítico y postpolítico, solo secundariamente político. Y a nadie se le ha ocurrido enfrentar al alemán con el «okattdeutsch», una lengua diferente, o al italiano con el napolitano y el véneto, ni siquiera con el corso que es también una lengua diferente. Porque el estado natural de las lenguas no es ése de las grandes lenguas comunes, estas son una creación de la historia. Es el de un pulular de lenguas y dialectos. Dicen que en la mitad de Nueva Guinea hay 750. ¿Y qué decir de la América precolombina (donde fueron los misioneros quienes, para difundir su doctrina, extendieron el nahua, el quechua, el guaraní)? ¿Y del África negra?

Las grandes culturas europeas, y otras no europeas como la árabe y la china, expandieron grandes lenguas comunes. Para entenderse en el ámbito personal, en el ámbito cultural, en el administrativo, el económico. No excluían la existencia de otras lenguas, ciertamente. Pero someter a las lenguas comunes a castigo y persecución es regresión. Mal para todos. Es ir contra la historia, el mutuo entendimiento y el progreso.

Hoy el español es la segunda lengua internacional (el hindi y el chino, con más hablantes, no son internacionales). Une no solo a los pueblos de España sino a muchos otros más. Crece. Eso sí, tiene un problema en España, todos lo saben. Creo que ya sería el momento de poner una solución racional a un problema nada racional, un problema en realidad inexistente, fomentado artificialmente. Pero nadie se atreve, ni Gobiernos ni instituciones, temen agravar las cosas.

Pero las cosas, no atendidas, se agravan solas. Se está viendo. Con una lengua común, cierto que obligatoria, es suficiente, para eso se inventaron. Y la lengua común, en Cataluña, en España y en veinte naciones y para mucha gente más, es el español. Hay en América y España, aquí y allá, además, lenguas entrañables. Pero minoritarias: con una obligatoria, que entiendan todos, es suficiente. No hay que forzar las cosas. Sin agravio para nadie. Con respeto para todos.

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